Un lourd bilan matériel

Les communes sinistrées

 

La signature de l’armistice et l’engagement des premiers pourparlers de paix permirent d’espérer une fin proche du conflit. Dès lors, les services de l’Etat purent dresser l’inventaire des dégâts afin d’évaluer les besoins à l’échelle du département.

Lors de la première séance de la commission spéciale nommée par le conseil général de l’Oise pour coopérer à la reconstitution des régions libérées, le 7 juillet 1919, le préfet de l’Oise, Paul Peytral, dressa un état des sinistres : « Sur les 701 communes que compte le département de l’Oise, 263 ont été atteintes au cours des opérations de guerre par le bombardement ou l’incendie. Sur ces 263 communes, 102 sont complètement détruites ; les 161 autres ont subi des dévastations plus ou moins graves atteignant jusqu’à 95% des immeubles existant avant la guerre. Le nombre des habitations complètement détruites est de 10.086 ; celui des maisons partiellement détruites est de 9.732. A ces chiffres, il faut ajouter : 62 écoles, 40 mairies, 61 églises, 25 édifices publics et 32 usines anéantis ; et 86 écoles, 63 mairies, 82 églises, 36 édifices publics et 46 usines gravement endommagés mais réparables ».

L’essentiel des destructions inventoriées se situait dans les arrondissements de Clermont et de Compiègne. Dans ce dernier, 10.000 habitations étaient endommagées et 8.000 détruites sur les 27.000 existantes avant-guerre. Dans le seul canton de Ribécourt (18 communes), le coefficient de destruction des maisons d’habitations atteignait 100% pour 8 communes, 80 à 95% pour 7 communes et 80% pour les communes restantes. Toutes les églises étaient atteintes dont 10 seulement étaient réparables. De même, 17 écoles avaient été touchées dont 8 étaient réparables. La reconstruction s’annonçait difficile…