Une guerre d’usure

Dans les tranchées

Début octobre, la 6e armée française occupa l’Oise face au 9e corps d’armée et à la division de Landwehr Sack renforcés par des éléments prélevés dans les divisions voisines. La fin de l’année 1914 fut très agitée. Les escarmouches et les attaques locales furent nombreuses à Quennevières, Tracy-le-Val et Canny-sur-Matz.
Au début de l’année 1915, du côté allemand, des renforts montèrent en ligne dans le secteur de Noyon pour y fortifier les positions. Les tranchées furent palissées, leur fond recouvert de caillebottis et les premiers blockhaus firent leur apparition. Côté français, on vit apparaître des territoriaux que l’on amalgama avec l’active. Leur mission était également de consolider les réseaux de tranchées et de placer des barbelés dans le no man’s land.
Avec l’automne et les combats en Artois, le 9e corps de réserve allemand fut retiré de son secteur pour être remplacé par le corps de la garde du Kaiser. Cette arrivée d’une troupe d’élite sur la rive droite de l’Oise fut ressentie par les Français comme les prémices d’une action d’envergure. Dès lors, les premiers abris bétonnés firent leur apparition en nombre et le front français se renforça avec l’arrivée de la division marocaine. En juillet 1916, les expérimentations de projections de gaz mortels sur Quennevières ne firent qu’amplifier le phénomène. L’hiver 1916-1917 fut le plus froid de toute la guerre rendant encore plus pénible la tenue des tranchées. La guerre s’éternisait…

Une lutte souterraine : la guerre des mines à Tracy-le-Val

Secteur particulièrement disputé durant la guerre de positions, le plateau du Soissonnais fut le siège d’une « guerre des mines » dès novembre 1914. Le déclenchement de charges explosives, placées dans des galeries souterraines creusées à la verticale des positions ennemies, devait permettre de désorganiser les lignes et de détruire des ouvrages fortifiés.

Dans l’Oise, les Allemands furent à l’initiative de cette guerre souterraine en déclenchant l’explosion de fourneaux de mine dans le bois Saint-Mard le 26 janvier 1915.

 

Dès lors, pionniers allemands et sapeurs français s’activèrent à creuser des galeries d’écoutes pour déduire les intentions de l’ennemi d’après les bruits perçus par les stéthoscopes et les géophones : coups de pioches, de pelles, explosions souterraines, forages… Bientôt, toutes les techniques traditionnelles des mineurs furent utilisées pour mener à bien les travaux de creusement : installation de groupes électrogènes capables d’alimenter le réseau en éclairage et les perforatrices, réalisation de voies ferrées pour déblayer les tunnels, traçage de plans…

La compagnie « Z » travailla aux procédés d’émanation et, par des exercices d’enfumage, testa des modèles de masques. Cette guerre chimique, initiée par les forces allemandes à Ypres (22 avril 1915), ouvrit la production industrielle de composés aux propriétés toxiques, lacrymogènes, sternutatoires ou vésicantes. Clichés, collection Patrimoine de la Grande Guerre.