Une vie de privation à l’arrière

Les grèves contre la vie chère

Durant l’année 1917, des contestations s’élevèrent contre la détérioration du pouvoir d’achat. Bien que libéré de la présence ennemie, le département était affecté par la même lassitude et les mêmes craintes que le reste du pays. Une première vague de contestations se forma durant le deuxième trimestre 1917, avec comme point d’achoppement la forte augmentation des prix et la stagnation des salaires. Entre mars et mai 1917, le prix des légumes, du riz et du charbon doubla. La population, pressurée par les restrictions de toutes sortes, usée par les longues journées de travail, diminuée par les rationnements des denrées alimentaires, réagit dans de vastes mouvements sociaux nés dans les usines.

Ce mécontentement trouvait aussi ses racines dans les fortes différences salariales entre hommes et femmes, mais aussi entre Français et étrangers ou entre civils et mobilisés. La crise de l’année 1917 qui toucha la quasi-totalité des usines de l’Oise se résolut par des augmentations salariales tentant à rétablir un niveau de vie acceptable. Malgré le doute, la lassitude, le désespoir, les privations… la population civile tint et contribua à l’économie de guerre.