L'organisation militaire du front

L’organisation militaire du front

Les zones des armées

 

L’entrée dans une guerre de siège sur un front continu de 700 km entre la Mer du Nord et la Suisse imposa une organisation des armées et de la vie civile.
Du côté allemand, la ligne de front devenait la nouvelle frontière de l’Empire ; les habitants et les territoires conquis étaient soumis à l’armée d’occupation qui imposa son autorité en usant de violence et organisa très vite ses retranchements pour gagner la guerre d’usure. Dans cette configuration, l’Allemagne avait tout à gagner en poursuivant la guerre sur le sol français.
Du côté allié, la guerre de tranchées ne pouvait qu’être provisoire. Personne, ni les politiques, ni les militaires ni même les civils, ne pouvait accepter de voir une partie du territoire abandonnée à l’ennemi. La seule acceptation du passage d’une guerre de mouvements à une guerre de positions fut impossible durant de longs mois, ce qui explique les nombreuses et inutiles offensives françaises. Dans cette configuration, la France avait tout à perdre de la présence allemande sur son sol. L’évidence de l’enlisement et la proximité trop forte entre civils et militaires imposa à l’état-major français d’établir des zones des armées où fut réglementée la circulation des habitants. Bientôt, les civils français demeurant proches du front furent évacués vers l’arrière.