La vie à l'arrière

Une économie tournée vers la guerre

Dès le 7 août 1914, le président du conseil René Viviani appelait à la mobilisation de tous. Malgré cet appel au ralliement de tous à la cause nationale, le département de l’Oise se trouva confronté très tôt à un déficit de main d’œuvre et de personnel spécialisé.

En milieu rural, avec la mobilisation des cultivateurs, les femmes se trouvèrent dans l’obligation de gérer l’exploitation familiale avec le soutien des enfants et des personnes âgées. Les familles purent recevoir ponctuellement le renfort de troupes en cantonnement de repos ou en transit, de même qu’à partir de 1915, certains agriculteurs et artisans furent démobilisés pour reprendre leur emploi si vital à l’économie locale. Des prisonniers de guerre allemands furent aussi employés comme main d’œuvre ouvrière.

En milieu urbain, de nombreuses usines et entreprises furent aménagées pour servir la Défense Nationale notamment dans la fabrication d’armes et de munitions. Pour bon nombre d’entrepreneurs et d’artisans qui surent adapter leurs productions et leurs matériels, les commandes de l’intendance leur permirent de participer à l’effort de guerre et à maintenir une activité. Pour satisfaire les besoins en main d’œuvre des usines d’armements, l’Etat fit appel aux mobilisés, aux sursitaires mobilisables, aux travailleurs coloniaux (Chinois, Indochinois, Annamites).

Pour financer la guerre, l’Etat augmenta les contributions directes et indirectes, multiplia les avances de la Banque de France et accrut l’émission de bons du trésor. Face au manque de matières premières lié à l’occupation allemande des régions minières du Nord et de l’Est, la France importa du charbon, de l’acier et recourut à l’emprunt. Par voie de conséquence, l’inflation et la « vie chère » firent leur apparition contraignant davantage les habitants.