Un verrou sur la route de Paris

Le Mont-Renaud

Le 21 mars 1918, les Allemands lancèrent trois armées dans une offensive d’envergure qui avait pour objectif principal la séparation des armées françaises et anglaises puis la route de Paris. Le plan réussit et en quelques jours les alliés refluèrent malgré l’envoi de renforts français sur Chauny et Ham. Le 24 mars, les Allemands se trouvèrent aux portes de Noyon qu’ils conquirent dans d’acharnés combats de rue, mais ils ne purent gravir les pentes du Mont-Renaud tenu par des renforts alliés arrivés en masse. Dès lors, les troupes du Kaiser ne purent plus progresser et se trouvèrent prises sous le feu de l’artillerie française bien décidée à tenir le « cœur de la France » cher au général Humbert.

Bientôt, le Mont-Renaud allait devenir une terre sans patrie, un ‘’Verdun noyonnais’’ où, tour à tour, les tranchées changèrent de nationalité par les attaques répétées des guerriers rompus aux combats.

Au total, entre le 26 mars et le 30 avril 1918, le Mont-Renaud fut assailli vingt-trois fois par les troupes allemandes. Le 57e régiment d’infanterie français put contrer vingt-deux assauts et participa à seize attaques. Les pertes pour la sauvegarde de la route de Paris s’élevèrent à 721 hommes en l’espace de trente-six jours pour le 57e régiment d’infanterie, ce qui lui valut d’être surnommé le « Terrible, que rien n’arrête ». Le 123e régiment d’infanterie, qui supporta seul le dernier assaut, déclara la perte de 379 hommes pour la seule journée du 30 avril 1918.

Perdu par les Français lors de la grande offensive allemande du 9 juin 1918, le Mont-Renaud figure parmi les sites mythiques de l’histoire de la Grande Guerre. Cousu en lettres d’or sur plusieurs drapeaux, son nom symbolise de hauts-faits d’armes que popularisèrent plusieurs livres d’écrivains combattants.