Les chars dans la bataille du Matz

La contre-attaque française du 11 juin 1918

Pour faire face à la pression allemande, le 10 juin en fin d’après-midi, le général Fayolle, en accord avec Pétain, confia au général Mangin la réalisation d’une contre-attaque. A cet effet, il reçut l’ordre de constituer un groupement composé d’infanterie et de chars. Le plateau à l’ouest de Ressons-sur-Matz entre Lataule et Belloy fut choisi pour attaquer le flanc de l’armée allemande qui glissait vers Compiègne.

Le général Mangin disposa de quatre groupements de chars Schneider et Saint-Chamont. Il reçut en appui cinq divisions d’infanterie et un parc automobile suffisant pour effectuer un transport rapide sur le Matz. En quelques heures, Mangin réunit, organisa et instruisit une troupe venant d’horizons différents.

Le 11 juin 1918, il installa son poste de commandement à Pronleroy. En fin de matinée, les chars et l’infanterie se lancèrent dans la bataille. Si la surprise fut totale dans le camp ennemi, les Français subirent de lourdes pertes et ne purent regagner, par endroits, que quelques centaines de mètres. Pour autant, la grande offensive allemande était stoppée. Déjà s’amorçait la reconquête du territoire perdu en 1914.

Une nouvelle arme : le char d’assaut au camp de Champlieu

A partir du 1er décembre, le général Estienne s’installa dans l’Oise au château d'Orrouy près de Champlieu, où venait d’être créé trois mois plus tôt le nouveau camp d’entraînement des chars. Il portait le nom de code 201. La localisation du camp d’Orrouy offrait des avantages incontestables. D’abord, ses étendues de terre servant déjà de terrain de manœuvres à l’infanterie offraient de bonnes possibilités d’évolution tandis que la forêt de Compiègne servait de camouflage naturel. Sa situation géographique, à quelques kilomètres du front, permettait également l’envoi rapide de troupes tant dans la Somme, que dans l’Oise ou dans l’Aisne. Enfin, la proximité de la capitale offrait une logistique rapide et indispensable pour ces nouveaux engins mécanisés. Pour que le secret de ce nouveau camp soit bien gardé, tous les accès étaient fermés par des réseaux de barbelés et une multitude de sentinelles.

1917, entraînement des chars dans le camp de Champlieu. Cliché, collection Patrimoine de la Grande Guerre.